Sortir du nucléaire par la non violence

Notes de JPD sur une conférence de Sortir du nucléaire avec Xavier Renou le vendredi 4 avril 2002

Xavier Renou est ancien salarié de Greenpeace, administrateur de Sortir du nucléaire (dont fait partie le Mouvement de la paix), membre du Manifeste des désobéissants ("pour une culture de la désobéissance civile/civique, de l'action directe non violente, du refus radical et ludique. Nous sommes des faucheurs d'OGM, des démonteurs de panneaux publicitaires, des clowns activistes, des dégonfleurs de 4x4 de ville, des inspecteurs citoyens de sites nucléaires, des intermittents du spectacle, des activistes écologistes, des hébergeurs de sans papiers, etc.").

 

 

 

 

Non seulement la nouvelle doctrine militaire prône la guerre préventive, c'est-à-dire l'agression, mais elle affirme que l'arme nucléaire peut servir en premier. L'arme nucléaire n'est plus une arme de non-emploi, une arme dissuasive. Elle devient une arme du champ de bataille, utilisable même contre un adversaire qui n'aurait pas l'arme nucléaire. Elle est aussi utilisable pour assurer nos approvisionnements stratégiques !

 

 

 Autrefois, on envisageait d'utiliser l'arme nucléaire seulement si on était frappé en premier par une arme nucléaire et si nos intérêts vitaux, c'est-à-dire notre pays, étaient menacés. Maintenant, on ne menace plus de l'Apocalypse. Il faut rendre l'usage des bombes nucléaires acceptable. La bombe d'Hiroshima n'est pas acceptable contre une population civile, car 150 000 morts, c'est trop. À une certaine époque, on développait des bombes de plus en plus puissantes (Alors que la bombe d'Hiroshima était de 13 kilotonnes, les soviétiques avaient mis au point en 1961 une bombes de  60 Mt, une bombe de 100 Mt étant capable de fendre la planète en deux).

 

 

À la suite des échecs en Afghanistan ou en Irak, les gouvernants espèrent que les gens vont commencer à douter de l’efficacité des armes conventionnelles et ces gouvernants anticipent ce changement de l’opinion en développant et en faisant la promotion de mini bombes, qui ne feront que 10 000 à 20 000 morts, ce qui serait plus acceptable (Une bombe classique fait jusqu’à 1000 morts : avec 10000 morts, on approche de l’acceptable). Il faut, pour cela, un progrès technologique important. Il s'agit de contrôler la fusion. On est en train de mettre au point cette bombe avec le laser Mégajoule,  dans la commune de Le Barp, près de Bordeaux.

 

 

Le vecteur qui emmènera cette bombe sera le missile M. 51. Il est tiré sur le site de Biscarrosse, un site de 150 km². Ce missile balistique pèse 53 t, a 11 m de haut et a une portée de plus de 6000 km. Il sera tiré par un des sous-marins de l'île longue.

 

 

De même que la mise au point de la mini bombe exige un progrès technologique, de même le missile exige d'être beaucoup plus précis, puisque la bombe n'est pas un impact destructif aussi étendu. C'est EADS qui mène à bien ce projet avec Thalès et la SNECMA. 

 

 

 

 

L'objectif stratégique est la Chine.

 

 

 

 

Tout cela est mené sans débat, sans information. L'arme nucléaire des autres est méchante et il y a un grand méchant, qui est actuellement l’Iran. Cela justifie la violation du TNP (Mais qui est menacé, sinon l'Iran, et par nos missiles !).

 

 

 

 

L'arme nucléaire est criminelle. Elle ne distingue pas les cibles civiles des cibles militaires. Elle continue à tuer après son usage. Elle tue en masse. C'est contraire aux conventions de Genève, c'est une violation du TNP, c'est condamnable par la Cour internationale de justice.

 

 

 

 

L'agence internationale de l'énergie atomique ne dénonce pas ces violations. Elle ne vient pas en France, car les pays nucléarisés militairement disposent d'un régime d'exception et sont supposés désarmer de bonne foi. C'est donc à nous, citoyens de la société civile, de jouer le rôle d'inspecteurs pour empêcher les crimes.

 

 

Nous faisons des inspections citoyennes. On constate le flagrant délit. On rentre dans les sites militaires, pour constater la violation des traités internationaux, des principes de Nuremberg, des conventions de Genève.

 

 

 

 

 Il faut être créatif, utiliser les images, utiliser le nombre, la convivialité militante et ludique. Nous ne sommes plus les moines soldats du militantisme d’autrefois. On veut de l'efficacité. Il faut prendre du plaisir à militer, communiquer ce plaisir, avoir des choses excitantes à raconter, travailler notre image en se déguisant et utiliser la non-violence pour éviter les dérives violentes de négation de l’humanité d’autrui. Derrière nos adversaires,  il y a des gens comme nous, des gens ayant des fonctions nuisibles. Il faut leur donner des chances, manifester de l'empathie à leur égard. La personne peut changer et cesser ses nuisances. Ce ne sont pas les gens qui sont responsables, mais les structures.

 

 

 

 

Notre discipline est librement consentie. Il n'y a pas de chef. On décide ensemble. Si on n'est pas d'accord, on part. Pas de devoir absolu. On peut passer d'une cause à une autre. C'est le militantisme à la carte.

 

 

Pour limiter la violence de l'adversaire, on essaye de faire participer des parlementaires, des élus locaux, des stars, des journalistes. On provoque des procès à notre égard, pour qu'il y ait une médiatisation. Et on fête les libérations, quand on sort de détention.

 

 

Dernière mise à jour de cette rubrique le 14/04/2008

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