Au-delà de la diabolisation par les médias occidentaux qui présentaient l'Iran comme peuplée exclusivement de terroristes islamistes

Conférence organisée par le comité du Mouvement de la Paix de Montmélian le 23 mai 2006 avec l’invitation de membres de la Ligue des droits de l’homme en Iran

 

La superficie de l'Iran est trois fois plus grande que celle de la France. Les paysages et des climats sont très variés. On passe des déserts aux rizières, des montagnes de 5600 m aux bords de mers, de -15° en hiver à 50° en été. Les richesses du sous-sol, en particulier le pétrole, sont importantes. L'Iran (70 millions d'habitants) est composée de nombreux peuples qui vivent en harmonie.

L'empire perse date de 2000 ans avant Jésus-Christ. Il sera envahi par Alexandre « le maudit », par les Arabes (les Iraniens inventent le chiisme), les Turcs, les Mongols, les Russes, les Anglais..

En 1906, à la suite d'une révolution, la monarchie devient monarchie constitutionnelle.

En 1920, après le coup d'Etat réalisé par le père du chah avec l'aide des Anglais et des Russes, la monarchie constitutionnelle redevient une monarchie absolue, avec un « dictateur éclairé » qui essaye de moderniser, par exemple en interdisant le port du voile pour les femmes, ce qui a pour conséquence que beaucoup de femmes ne veulent plus sortir, habituées qu'elles sont à porter le tchador.

En 1945, le dictateur éclairé part, ayant pris parti pour les nazis. Son fils, le chah, le remplace. Le parti communiste (le toudeh), et les partis nationalistes, sous la direction de Mossadegh, nationalisent le pétrole en 1951 tout en limitant le pouvoir du chah.

En 1953, avec l'aide de la CIA, le chah chasse Mossadegh. Le chah essaie de diminuer le poids de la religion. Le droit de vote est donné aux femmes. Pour se marier avec une deuxième femme, l'homme doit dorénavant demander l'autorisation de la première femme. Malgré ces mesures positives, la monarchie est une dictature politique. Les partis sont tous interdits. La liberté de la presse n'existe pas. On ne peut discuter politique que dans les mosquées. Les moudjahidines du peuple et les fedayins du peuple engagent des actions terroristes et de guérilla urbaine.

Les religieux, en souterrain, se préparent au pouvoir. L'ayatollah Khomeiny, réfugié en Turquie, en Irak et en France, ne veut pas distribuer la terre aux paysans, dans la mesure où les religieux ont beaucoup de terres. Il veut supprimer le droit de vote des femmes.

Le révolution contre le chah est une révolution démocratique détournée en révolution islamique. La question du référendum formulée par les religieux est : oui ou non à la république islamique, et si vous votez non, c'est le retour à la monarchie. Les gens se retrouvent avec un régime qu'ils ne voulaient pas. Commencent des années de répression.

Le guide de la révolution, les gardiens de la révolution et les milices paramilitaires, omniprésents, sont plus nombreux que l'armée et la police réunies. Les opposants politiques sont arrêtés, torturés et souvent exécutés. Aux 100 000 prisonniers politiques du chah succèdent les centaines de milliers de prisonniers politiques du nouveau régime. Pour les femmes, c'est le retour au foyer, l'obligation du voile. Pour la grande majorité de la population, c'est le chômage, les salaires faibles, les loyers et les prix de première nécessité élevés, la peur quotidienne d'être dénoncé et d'être arrêté, pour on ne sait quoi. La corruption des élites fait que, la distribution des terres ne se réalisant pas, les paysans migrent vers les villes surpeuplées. Téhéran a 15 millions d'habitants.

Il y a aussi la guerre avec l'Irak, une guerre il est vrai imposée par l'Irak, l'Irak étant soutenu par la France et l'Occident. La guerre, cela veut dire qu'on est obligatoirement soldat à 15 ans, les familles qui en ont les moyens faisant partir leurs enfants de moins de 15 ans à l'étranger. Cela veut dire aussi qu'on peut s'engager à moins de 15 ans. De toute façon, selon les tyrans, les martyrs partent au paradis.

La société civile résiste. Obligées de porter le tchador, les femmes se maquillent, font des études, travaillent dans la production (sauf qu'une femme ne peut être juge, puisque le jugement d'une femme ne vaut que la moitié du jugement de l'homme, selon le Code civil islamiste). Au risque de leur vie, des gens s'expriment. Sur le plan politique, il y a bien eu les « réformateurs », mais ils n'ont pas pu faire grand-chose, puisque la réalité du pouvoir est exercée par le guide de la révolution, si bien que les électeurs ne leur ont pas renouvelé leur confiance. Il n'y a pas de véritable opposition constituée.

Le problème du nucléaire, c'est-à-dire la revendication de maîtriser le nucléaire y compris militaire au même titre que le Pakistan ou Israël, est avancé par le gouvernement iranien pour éviter de parler des problèmes essentiels, les problèmes économiques et politiques, de même que les menaces de guerre des États-Unis et de ses alliés, dont la France de Douste-Blazy, contre l'Iran et la diabolisation corrélative par les médias occidentaux de l'adversaire (l'Iran, où la population serait identifiée au régime, ne serait constitué que par des terroristes islamistes) laissent espérer aux gouvernements occidentaux la mobilisation des opinions publiques sur des sujets qui ne mettent pas en question le néolibéralisme.

 

 

 

Dernière mise à jour de cette rubrique le 14/04/2008

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